Article France Football sur l'ASBO

Extrait de France Football, édition du mardi 30 mai.
Beauvais. deux ans pour renaître.
Portés par la foule qui, samedi soir, a envahi la pelouse de Pierre-Brisson, les joueurs de Beauvais peinent à se frayer un chemin. Les supporters hurlent, certains pleurent. Pratiquement anéanti par sa relégation en CFA, un soir de mai 2004, le club de l'Oise vient de renaître. Le soulagement est d'autant plus fort que les joueurs ont passé ces deux dernières saisons avec une énorme pression sur les épaules. Au lendemain de la descente, les collectivités territoriales avaient annoncé qu'elles maintenaient leur aide, à condition de retrouver le National sous deux ans. « Si nous n'étions pas montés cette année, le club serait mort», constate Bruno Roux.
Inexpérimenté dans ce rôle d'entraîneur qui lui avait été confié en juin 2004, Roux, ancien attaquant vedette de l'ASBO, a pourtant fait des merveilles. En tête depuis le mois de septembre, l'équipe a résisté au retour de Dunkerque et termine avec le meilleur total et la meilleure attaque, tous groupes confondus. Normal donc que certains de ses joueurs, dont Tangeaoui, meilleur buteur de CFA (24 réalisations), le milieu Berrier, le gardien Lovergne et surtout Cvitkovic, le stoppeur, soient convoités par certains clubs de Ligue 2. Bruno Roux ne pourra pas retenir tout le monde. Il sait aussi que du côté de Beauvais beaucoup lorgnent déjà vers la L2, où le club évoluait encore en 2003. « Bien sûr que nous y pensons, mais nous ne sommes pas prêts, avoue Roux. Ni sportivement ni au niveau des structures. »
La question des finances se pose aussi. Beauvais qui, en fin de saison, a dû faire à nouveau appel aux collectivités locales pour boucler son exercice (160 000 € de subventions exceptionnelles viennent d'être versées) n'augmentera pas son budget l'an prochain (1,7 M€). Car si l'ASBO a retrouvé une place en National, elle n'a pas encore pansé toutes ses plaies.